Cerisiers en fleurs

Tamasaburo ne décide pas seul. Le mois suivant, il se rend à Tokyo pour négocier les conditions avec la Shochiku. Elles seront drastiques. Techniques, d'abord. Instruments, costumes, mais aussi la plupart des décors doivent être transportés du Japon. "Ses exigences de perfection sont telles qu'il était impossible de lui offrir un plancher satisfaisant : il fallait un son, une élasticité, une sensation particulière", se rappelle Jean-Luc Choplin. Les Japonais laisseront les ateliers du Châtelet produire quelques toiles peintes ou encore une grande cloche de métal. Mais pas les fleurs de cerisier en papier. "La trajectoire quand elles tombent de l'arbre est trop importante, on ne pouvait pas prendre de risque", précise Mio Teycheney-Takashiro.

"Ce qu'il en coûte de faire venir un demi-dieu à Paris" par Nathaniel Herzberg. Le Monde, 7 février 2013. A  propos du Pavillon aux pivoines, mis en scène et interprété par Tamasaburo Bando.