Fils de laine et dents de lait

Détail de photo issu du document pdf de présentation du musée berbère de la Fondation Bergé-Saint Laurent à Marrakech

 

A l'entrée du  musée berbère à la somptueuse muséographie logé dans l'enceinte du Jardin Majorelle, œuvre de la fondation Bergé-Saint-Laurent, est distribué un petit livret où l'on peut lire à propos des tapis :

"Tissés par les femmes depuis l'ère paléolithique, les tapis berbères déclinent un vocabulaire de signes et de techniques propres à chaque région. Langage symbolique, prophylactique, voire ésotérique, dont la signification s'est perdue au fil des siècles, mais dont la transmission a été assurée de mère en fille depuis des générations".

Une transmission des formes mais pas de leur sens originel.

Belle insistance sur la liberté d'interprétation au-delà de la pesanteur des significations premières qui enfermeraient les symboles dans l'archaïque et la codification rituelle :  est-ce à dire qu'il faut imaginer qu'à chaque génération, les femmes réinvestissent les motifs de nouveaux pouvoirs, nouant les phases de leur vie autour de cercles, chevrons, losanges, lignes et diagonales ?

Il est un objet dont j'aurais beaucoup aimé connaître l'histoire, c'est ce bracelet provenant de la région de Guelnim aperçu dans l'une des vitrines consacrées aux parures, sous une splendide voûte céleste :  sur des liens de cuir tressés,  étincelaient des dents de lait de petite fille fixées à intervalles réguliers.